PARTIS PRIS
Sous le signe du gothique
Le gothique a été le point de départ de notre réflexion, du scénario au graphisme, avec une volonté, propre au gothique, d'être différent. |
Graphisme, ou le noir à l'honneur
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Pas étonnant que Guillaume GRIFFON ait enthousiasmé quelques gringos à Angoulême en 2005 : son dossier était enthousiasmant et d'une grande originalité, foi d'éditeur et de scénariste ! L'extrême humilité de Sthrad l'empêchera bien sûr de corroborer ce point !
Ses ambiances ne sont pas sans rappeler d'illustres prédécesseurs, même s'il possède un style très personnel. Un noir et blanc très marqué qui immerge d'emblée le lecteur dans une ambiance complètement fantastique.
Son talent est d'autant plus grand que son dessin en noir et blanc doit se suffire à lui-même, sans la couleur parfois bien commode pour gommer quelques défauts de jeunesse. Non, là, déjà, son noir et blanc est d'une redoutable puissance. Et là encore, son extrême modestie l'empêchera de confirmer ! Et toi, là-bas, ne dis pas le contraire si tu tiens à ta vie.
Guillaume GRIFFON ne travaille pas à l'ancienne, à la plume ou au pinceau. Il use d'un savant mélange entre scanne de ses croquis et encrage à l'ordinateur. Moi, personnellement, je préfère travailler au revolver, chacun son truc. |
Scénario, ou la part de l'ombre.
Dès le départ, Céka avait le désir d'écrire une valse à deux temps, avec un continuel balancement entre le présent et le passé. L'un nourrissant l'autre et inversement, pour sûr ! Au fur et à mesure, on dévoile ainsi qui sont Billy Wild et Hans Güt. et leur rapport !
L'autre point de départ du scénariste, c'était la voix-off avec un objectif : que chaque page raconte déjà une petite histoire qui puisse vivre indépendamment. Qu'elle mette en avant la poésie et le gothique. La logique d'un minimum de cases et d'une mise en page très libre s'est donc rapidement imposée !
Originalité. L'éditeur a poussé les deux auteurs à augmenter le nombre de pages. La technique PAO de Guillaume GRIFFON s'y prêtait bien. Cette liberté a permis à Sthrad de prendre son temps sur des scènes qui le méritaient, de laisser parler le dessin !
Céka a ensuite retravaillé son texte en fonction du rythme de Guillaume GRIFFON. Bref, là aussi, il s'est agi d'une valse à deux temps. Et tant mieux parce que la valse classique à trois temps, c'est pas trop notre truc si tu veux tout savoir, pied tendre. Quoi ? C'est le tien ? Chacun son vice. |
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Au fait, Gothique, ça veut dire quoi ?
Vestimentairement, on voit tous le style Gothique. Noir, c'est noir. Historiquement, voici la définition du G rand Larousse Universel : « se dit d'un courant littéraire qui apparaît à la fin du XVIIIe siècle et qui touche à la fois au roman noir et au fantastique, notamment en Angleterre. »
Parmi les grands écrivains gothiques, on peut ainsi citer Wordsworth, Lewis, Lord Byron, Shelley ou Keats. Les romans noirs ou « romans de la terreur » constituent un genre capital, très poétique avec l'intention de faire frissonner. Ça va, t'as pas trop peur, visage pâle ?
Souvent sombre et mystérieux, parfois provocateur, ce courant d'un romantisme exacerbé part d'un refus des conventions et des préjugés, comme le prouvent les créatures et faits surnaturels qui peuvent surgir. Derrière ce refus de la réalité et ce besoin de rêve se cachent souvent des méditations sur la Mort, l'Amour, le Bien et le Mal.
Mouvement esthétique, il se traduit aussi par une exaltation de la sensualité, de l'étrange, des modifications corporelles et par une volonté de noirceur et de théâtralité. Il se mélange à un goût certain pour tout ce qui a trait au morbide : pierre tombale, croix, cercueil, tête de mort, . Détends-toi, Gringo, c'est juste une histoire tout ça. |
Billy Wild, fantastiquement gothique ?
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Du début à la fin, le Gothique a guidé les pas des auteurs. Leur volonté ? Que l'histoire soit « une sorte de train fantôme au musée des horreurs ! » Tu suis, Gringo ?
Ainsi, sur le plan graphique, chaque personnage a un physique tranché, une « gueule », sorte d'invitation à l'imaginaire, au mystère. Le trait très noir, les plans et une certaine forme de théâtralité formelle viennent renforcer ce style graphique marqué.
Pour les ambiances, quelques éléments fantastiques ont rapidement permis de planter le décor : la mystérieuse trappe de la caravane qui mène toujours au gouffre, le corbeau qui semble guider Billy Wild vers Linus, l'élixir aux vertus incroyables, .
Quant à la narration, une part importante a été réservée au non-dit, à la distillation mesurée des informations pour laisser le lecteur dans l'expectative et non dans l'évidence.
Si tu cries « maman » dans le noir, pied tendre, passe ton chemin. Cette histoire n'est pas pour toi. Retourne vite à la bibliothèque verte ! |
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